Quelque soient leur secteur, toutes les entreprises deviennent des entreprises technologiques. Elles manipulent toutes des informations plus ou moins sensibles, plus ou moins critiques mais qu’il faut nécessairement valoriser et protéger. Depuis sa création dans les années 1980, le rôle du CIO (Chief Information Officer) est historiquement responsable du système d’information. Cependant, il est souvent cantonner à la fourniture et au maintien des infrastructures IT de l’entreprise dont l’existence est challenger par les évolutions technologique (Cloud, SaaS, extérnalisation) qui permettent aujourd’hui au métier d’être plus autonome, challengeant ainsi même l’existence du CIO. CIO = Career Is Over? (Carrière est terminée).

Oui puisqu’il faut un service informatique, un mal nécessaire voir utile

Historiquement, depuis la création du rôle de CIO dans les années 1980, sa principale responsabilité a été la gestion de l’infrastructure informatique de l’entreprise. Cette infrastructure englobe les réseaux, les postes de travail, les serveurs et les applications. Le CIO est chargé de veiller à ce que ces systèmes restent opérationnels et fonctionnent de manière efficace. Cela nécessite une surveillance constante, la résolution des problèmes techniques et la fourniture d’un support IT aux utilisateurs de l’entreprise.

L’équipe IT d’une entreprise joue un rôle central dans la maintenance et la gestion de l’infrastructure informatique. Le CIO est donc indispensable pour diriger cette équipe et assurer une coordination efficace de ses activités. En tant que leader, le CIO est chargé de définir les objectifs, de répartir les tâches (RACI), de superviser les opérations quotidiennes et de garantir que les ressources sont utilisées de manière optimale. Sans un CIO à la tête de l’équipe IT, il serait difficile d’assurer une gestion cohérente et efficace de l’infrastructure informatique. Surtout qu’on ne comprend pas toujours ce qu’ils racontent.

Au sujet de l’efficacité, le CIO a aussi la charge de la gestion des budgets IT et des ressources liés aux technologies de l’information: outils, personnes, infrastructure. En tant que responsable de l’IT, le CIO est chargé de définir les priorités en matière d’investissements technologiques, de négocier avec les fournisseurs, et de veiller à ce que les ressources allouées soient utilisées de manière judicieuse.

Les entreprises sont confrontées à un large éventail de cybermenaces, notamment les attaques par phishing, les logiciels malveillants, les violations de données, les attaques DDoS (Distributed Denial of Service) et bien d’autres. Ces menaces peuvent avoir des conséquences dévastatrices, allant de la perte de données confidentielles à l’interruption des opérations commerciales, en passant par la réputation endommagée de l’entreprise. Le CIO est chargé d’identifier ces menaces potentielles et de mettre en place des mesures de sécurité appropriées garantir la “CIA Triad” c’est à dire la confidentialité, l’intégrité et la disponibilité (Availability) des informations qui le cœur de la sécurité de l’information.

Pour cela, le CIO est en charge de réaliser les analyses des risques et de mettre en place les mesures préventives et les systèmes de contrôle adéquat pour atténuer ces risques; chiffrement des données, pare-feu, systèmes de détection des intrusions (IDS/IPS), proxy, gestion des accès et identités (IAM), identification des actifs critiques de l’entreprise, évaluation des vulnérabilités, gestion des correctifs (patch management), plans de réponse aux incidents, plan de continuité des activités (PCA) ou Business Continuity Plan (BCP), plan de reprise d’activité (PRA) ou Disaster Recovery Plan (DRP)et formation des employés à la sécurité de l’information comptent parmi les outils qu’il peut déployer pour garantir la sécurité de l’information

Enfin, la conformité aux réglementations en matière de sécurité de l’information et de protection des données est un autre domaine de responsabilité du CIO. Il doit s’assurer que l’entreprise respecte les lois et les normes en vigueur telles que le RGPD (Règlement général sur la protection des données). Cela peut impliquer la mise en place de politiques et de procédures spécifiques, la sensibilisation des employés et la réalisation d’audits de conformité réguliers.

La présence d’un CIO compétent contribue à renforcer la résilience de l’entreprise face aux cybermenaces et à garantir sa conformité aux réglementations en vigueur.

Un expert en technologie de l’information obsolète

Le CIO ne peut pas être expert dans tous les domaines métier de l’entreprise, c’est pour cela qu’il lui est souvent reproché de ne être assez innovant, agile, ou de ne pas proposer assez d’évolution technologique, voire même de se concentrer principalement sur le maintien en condition opérationnelle des infrastructures informatiques existantes et de freiner des 4 fers sur les nouveaux projets. Cela a conduit à la décentralisation croissante des budgets informatiques. Les départements métiers reçoivent désormais des budgets spécifiques pour leurs besoins technologiques, leur permettant ainsi de prendre des décisions plus autonomes sans passer systématiquement par le CIO pour chaque décision permettant ainsi à chaque département de se concentrer sur ses propres objectifs et de disposer de ressources dédiées.

Cette décentralisation des budgets est rendue possible par l’externalisation des services techniques et le cloud computing qui ont réduit la complexité technique auxquelles les entreprises sont confrontées. En effet, de nombreuses tâches informatiques peuvent être externalisées, que ce soit le support IT ou le développement de logiciels. Le cloud offre une infrastructure évolutive et flexible, ainsi que des logiciels en tant que service (SaaS), éliminant ainsi la nécessité de connaître et d’investir dans des infrastructures coûteuses et des solutions sur site. Cette simplification technique remet en question l’utilité d’un CIO dans la gestion quotidienne des infrastructures informatiques, voir rend le rôle de CIO obsolète.

En matière de cybersécurité et de conformité son rôle est challengé. Le CIO ne connaissant pas nécessaire tous les tenants et les aboutissants et les contextes opérationnels peine à évaluer la valeur d’une information ainsi que mesure de protection qu’il faut y appliquer. De plus, la aussi la sécurité de l’information et la protection des données sont l’affaire de tous et surtout…Des conseillers juridiques. En effet, de nombreuses entreprises souscrivent aujourd’hui à des assurances contre les cyberattaques, ce qui réduit la pression sur le CIO en termes de responsabilité financière en cas de violation de la sécurité. Les Ressources Humaines ont également la responsabilité de s’assure que tous les employés soient sensibilisés aux bonnes pratiques en matière de sécurité de l’information.

Enfin l’émergence du CTO (Chief Technology Officer) et du CDO (Chief Digital Officer) est également un facteur qui remet en question la nécessité d’un CIO. Ces nouveaux rôles sont axés sur les aspects techniques et l’innovation pour le CTO et de la transformation numérique pour le CDO. Ces rôles spécialisés peuvent occuper une partie des responsabilités traditionnelles du CIO moins spécialisé.

Le CIO est mort ! Vive le CIO !

Il faut se rendre à l’évidence, les équipes IT sont là pour longtemps au sein des organisations, ne serait-ce que pour la partie support utilisateur. Même si ils sont souvent conservateurs, alarmistes et pessimistes, soyons honnêtes, quand il y a quelques chose de bizarre avec votre ordinateur, qui allez-vous appeler? I-T support !

Une autre évidence est le manque de connaissance et vision technique (intégration, automatisation) des équipes métiers ainsi que le manque de coordination entre les départements qui peut conduire à de la surconsommation de budget par manque d’optimisation (outils en double, changement d’outils fréquents, manque d’intégration entre les départements…etc).

On l’a compris, l’IT ne doit plus se cantonner à son rôle de maintien des infrastructures IT et muter vers un véritable rôle de business partner favorisant l’innovation sans pour autant mettre en péril les infrastructures en place et la sécurité de l’information. Une seule personne à la vision stratégique 360° pour éviter d’appuyer à la fois sur le frein et l’accélérateur : Le CIO.

En tant que stratège technologique, le CIO doit élaborer la roadmap IT de l’entreprise. Cette roadmap définit les projets technologiques prioritaires et les objectifs à atteindre, en prenant en compte les objectifs business et la surtout stratégie de l’entreprise. En identifiant les opportunités offertes par les avancées technologiques, le CIO peut proposer des solutions innovantes qui contribuent à l’efficacité opérationnelle et à la création de valeur.

Le CIO doit s’assurer la cohérence et l’interopérabilité des systèmes et des processus internes de l’entreprise. En tant que garant de la qualité et de la fiabilité des systèmes informatiques, le CIO joue un rôle de médiateur entre les différentes équipes et départements. Il veille à ce que les systèmes informatiques fonctionnent de manière harmonieuse, en facilitant l’échange d’informations et la collaboration entre les différentes parties prenantes. Cette cohérence et cette interopérabilité sont essentielles pour une gestion efficace des données et une prise de décision informée à tous les niveaux de l’organisation. Elle permettra une meilleure intégration des systèmes ainsi que l’automatisation certaines activités dans le but de libérer du temps et des ressources précieuses, permettant au métier de se concentrer sur des tâches à plus forte valeur ajoutée.

En matière de sécurité, le CIO doit aussi prendre de la hauteur. En plus de la mise en place de mesure de protection des données, il doit être en charge de mettre en place des politiques et des procédures de sécurité de l’information, ainsi que de former les employés à l’utilisation responsable et à la protection des données. Certes, la sécurité est l’affaire de tous mais en tant qu’évangéliste, le CIO contribue à l’instauration d’une culture de sécurité de l’information au sein de l’entreprise et ainsi à minimiser les risques de violations de données et à renforcer la confiance des clients et des partenaires. Ce qui est bon pour le business.

Alors que les entreprises sont confrontées à des enjeux technologiques de plus en plus complexes, le CIO ne peut plus se limiter à son rôle historique; rendu obsolète par les avancées technologiques. Il doit prendre de la hauteur et se transformer en véritable stratège technologique au service des métiers. En tant que owner de la roadmap IT et Sécurité, qui doit être aligné sur la stratégie globale de l’entreprise, il est un acteur incontournable dans les organisations modernes. Il s’assure la cohérence et l’interopérabilité des systèmes dans le but de garantir l’efficacité opérationnelle. Il joue également un rôle crucial dans la sécurité de l’information et la conformité réglementaire. A, le CIO demeure , de la création de valeur et de la sécurité des données. En somme, le CIO est loin d’être obsolète et continue de jouer un rôle central dans la réussite des entreprises d’aujourd’hui et de demain.